hyper-


hyper-

hyper- Élément, du gr. huper « au-dessus, au-delà », qui exprime l'exagération, l'excès, le plus haut degré, soit dans des composés empruntés au grec ou au latin, soit dans des formations françaises, savantes ou familières. super-. REM. Hyper- sert à former des noms et des adjectifs, des mots familiers : c'est hyper-sympa, hyper-chouette. ⊗ CONTR. Hypo-.

hyper- Préfixe, du grec huper, sur, indiquant une position supérieure dans l'espace, une intensité ou une propriété supérieures à la normale.

hyper-
élément, du gr. huper, "au-dessus, au-delà", indiquant l'augmentation, l'excès.

⇒HYPER-, élém. formant
Élém. tiré du gr. « au-dessus, au-delà » qui entre dans la constr. d'un grand nombre de mots, surtout de la lang. sc. et partic. méd., indiquant presque toujours une intensité ou une qualité supérieures à la normale, une exagération, un excès, le plus haut degré (ces mots constr. ne prennent gén. pas de trait d'union).
A. — MÉD. HUM. ET VÉTÉR. (anat., biol., endocrinol., hématol., neurol., pathol., physiol., psychol., thérap.). [Les mots constr. désignent gén. ,,ce qui est au-dessus de la normale`` (LAL. 1968)]
1. [Les mots constr. sont des subst.]
a) [Le 2e élém. existe sous la forme d'un subst. autonome (du vocab. commun ou sav.)]
) [Les mots constr. désignent l'augmentation anormale ou l'excès de certaines substances ou sécrétions, la gravité partic. d'une maladie ou de certaines manifestations pathol.] V. hypertension, hypertonicité (s.v. hypertonique) et aussi :
hyperacanthose, subst. fém. « Épaississement de la couche de Malpighi de l'épiderme, que l'on observe dans diverses affections cutanées » (Méd. Biol. t. 2 1971). Synon. acanthose (s.v. acanth(o)-). Toutes les couches de l'épithélium sont en général épaissies; (...) le corps muqueux de Malpighi (hyperacanthose) (ROUSSY ds Nouv. Traité Méd. fasc. 5, 2, 1929, p. 118)
hyperacidité (gastrique), subst. fém. Synon. de hyperchlorhydrie (infra A I b ).
hyperalbuminose, hyper-albuminose, subst. fém. « Augmentation du taux de l'albumine dans un liquide organique, en particulier dans le liquide céphalo-rachidien » (d'apr. Méd. Biol. t. 2 1971 ,,peu usité``). Dans le liquide céphalo-rachidien prélevé par ponction lombaire, on note une hyper-albuminose variable, entre 0,30 g et 1 g, un Bordet-Wassermann positif (QUILLET Méd. 1965, p. 356)
hypercinésie, hyperkinésie, subst. fém., neurol. « Mouvements involontaires observés dans certaines affections du système nerveux central » (MAN.-MAN. Méd. 1977). Travaux sur les hyperkinésies post-encéphalitiques, décrits sous le nom de syndrome excito-moteur tardif de l'encéphalite (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946, p. 256)
hypercoqueluche, subst. fém. « Forme de coqueluche caractérisée par des quintes de toux particulièrement graves » (Méd. Biol. t. 2 1971). La dyspnée persistant dans l'intervalle des quintes est un signe de complication, ou de la forme grave dite hypercoqueluche (LONDE ds Nouv. Traité Méd., fasc. 2, 1928, p. 541)
hyper(h)idrose,(hyperidrose, hyperhidrose) subst. fém. « Transpiration anormalement abondante » (Méd. Biol. t. 2 1971). Les sujets atteints d'hyperhidrose des pieds doivent éviter le port de chaussettes de laine ou de nylon, de chaussures à semelles de caoutchouc ou de crêpe (QUILLET Méd. 1965, p. 317)
hyperkératose, subst. fém. « Hyperplasie considérable de la couche cornée de l'épiderme, qui se rencontre dans de nombreuses affections cutanées » (Méd. Biol. t. 2 1971). Il en est ainsi dans l'eczéma kératosique (...), dans le psoriasis ou le lichen plan avec hyperkératose, dans les kératodermies de la syphilis (QUILLET Méd. 1965, p. 307)
hyperpigmentation, subst. fém. « Augmentation de la quantité de pigment dans un tissu » (Méd. Biol. t. 2 1971). Les hyperpigmentations qui, suivant les cas, sont généralisées ou localisées (QUILLET Méd. 1965, p. 300)
hypertrichose, subst. fém. « Développement anormal des poils dans une région dite glabre et ne présentant normalement que des poils de duvet » (Méd. Biol. t. 2 1971). États dits d'hypertrichose caractérisés par un accroissement de la pilosité normale et souvent par une disposition anormale de cette pilosité (QUILLET Méd. 1965, p. 316)
HÉMATOL., UROL. V. hyperfolliculinémie (s.v. hyperfolliculinie), hyperfolliculinie, hyperfolliculinisme (s.v. hyperfolliculinie), hyperglycémie et aussi :
hyperamylasémie, subst. fém. « Augmentation du taux de l'amylase dans le sang » (Méd. Biol. t. 2 1971). Le sang subirait le contre-coup de la commotion, présentant d'abord (...) de l'hyperamylasémie (LANGLOIS, BINET ds Nouv. Traité Méd., fasc. 7, 1924, p. 174)
hyperazotémie, subst. fém. « Élévation de l'azotémie à un niveau pathologique, observée principalement dans l'insuffisance rénale » (Méd. Biol. t. 2 1971). Un dosage de l'urée sanguine ayant révélé le taux considérable de 2,15, cette hyperazotémie orienta le diagnostic (DELAY, Psychol. méd., 1953, p. 214)
hypercalcémie, subst. fém. « Présence d'une quantité excessive de calcium (...) dans le sang. On l'observe au cours de l'hyperparathyroïdie [infra A 1 b ] et de l'hypervitaminose D [infra A 1 b ] » (Méd. Biol. t. 2 1971). L'hypercalcémie (...) aura un retentissement sur les reins et les autres tissus en y formant des dépôts calcaires (QUILLET Méd. 1965, p. 479)
hyperchlorurie, subst. fém. « Présence d'un excès de chlore dans l'urine » (Méd. Biol. t. 2 1971). La polyurie peut apparaître (...) avec hyperchlorurie (TEISSIER ds Nouv. Traité Méd., fasc. 2, 1928, p. 257)
hypercholémie, subst. fém. « Augmentation des pigments biliaires dans le sérum sanguin » (Méd. Biol. t. 2 1971). Chimiquement, les troubles ou les lésions dont cet organe [le foie] est le siège, se traduisent, en dehors de l'hypertrophie douloureuse (...) par l'existence de l'hypercholémie sanguine (TEISSIER, DUVOIR ds Nouv. Traité Méd., fasc. 2, 1928, p. 17)
hypercholestérolémie, subst. fém. « Augmentation de la quantité de cholestérol en circulation dans le sang » (Méd. Biol. t. 2 1971). Anton. hypocholestérolémie (s.v. hypo- A 1 a ). Un certain nombre de médicaments permet de combattre les taux trop élevés de cholestérol; l'hypercholestérolémie prolongée étant un facteur de fragilisation des vaisseaux (QUILLET Méd. 1965, p. 339)
hypercoagulabilité, subst. fém. « Augmentation de la coagulabilité normale d'un liquide organique, essentiellement du sang » (Méd. Biol. t. 2 1971). Ces examens sont devenus indispensables au diagnostic de certaines causes de saignement ou d'hypercoagulabilité (BARIÉTY, COURY, Hist. méd., 1963, p. 638)
hyperglobulie, subst. fém. « Augmentation du nombre des globules rouges contenus dans le sang. Pour Vaquez ce terme désigne l'augmentation du diamètre des globules rouges » (GARNIER-DEL. 1972). Peyre a noté des hyperglobulies dans les cancers de l'utérus (ROUSSY ds Nouv. Traité Méd., fasc. 5, 2, 1929, p. 435)
hyperleucocytose, subst. fém. « Élévation anormale du nombre des leucocytes ». Synon. leucocytose (s.v. leucocyte). La scarlatine, comme la plupart des infections aiguës, s'accompagne d'hyperleucocytose (TEISSIER, DUVOIR ds Nouv. Traité Méd., fasc. 2, 1928, p. 9)
hyperlipémie, subst. fém. « Présence d'une quantité excessive de graisses dans le sang » (Méd. Biol. t. 2 1971)
hyperlipidémie, subst. fém. « Augmentation du taux des lipides contenus dans le sang » (Méd. Biol. t. 2 1971). En ce qui concerne les problèmes de diététique dans la prévention des atteintes cardio-vasculaires de l'athérosclérose, il importe (...) de déterminer la forme d'hyperlipidémie (...) dont est affecté l'intéressé (Le Figaro, 19 sept. 1973 ds Clé Mots)
hyperphosphorémie, subst. fém. « Élévation du taux du phosphore (...) dans le sang » (Méd. Biol. t. 2 1971). V. -émie, -hémie rem. 1
hyperuricémie, subst. fém. « Présence d'un excès d'acide urique dans le sang, observée particulièrement dans la goutte » (Méd. Biol. t. 2 1971). V. -émie, -hémie rem. 1.
) [Le 2e élém. est un élém. subst. pouvant appartenir aussi au vocab. gén. Les mots constr. désignent une activité, un fonctionnement intense ou anormalement élevé, une propriété, une faculté partic. développées; leurs effets] V. hyperfonctionnement, hypersécrétion et aussi :
hyperactivité, subst. fém. « État d'activité intense ou anormalement élevée » (Méd. Biol. t. 2 1971). L'hyperactivité somatotrope de l'hypophyse a été invoquée récemment par De Sèze (RAVAULT, VIGNON, Rhumatol., 1956, p. 24). Hyperactivité fébrile inefficace, improductive (QUILLET Méd. 1965, p. 476)
hyperacuité, subst. fém. « Degré d'acuité d'un organe des sens particulièrement élevé ». [Braid] a vu (...) que les sens, et notamment le toucher, l'odorat et l'ouïe, peuvent atteindre tout à coup chez les sujets hypnotisés une hyperacuité des plus remarquables (A. BINET, Ch. FÉRÉ, Le Magnétisme animal, 1887, p. 49 ds QUEM. DDL t. 8). Il avait, pour être averti de la froideur qu'on avait à son égard, une véritable hyperacuité sensorielle (PROUST, Sodome, 1922, p. 1038)
hyperallergie, hyperergie, subst. fém. « Réaction qualitativement exagérée à une substance susceptible de provoquer des allergies ». Dans le cas où les revaccinations réalisent l'hyperergie (TEISSIER, TANON ds Nouv. Traité Méd., fasc. 2, 1928, p. 365)
hypercompensation, subst. fém. « Toute activité compensatoire dont l'intensité dépasse le but à atteindre » (Méd. Biol. t. 2 1971). Excessif, il trahit l'hypercompensation ou l'hypertrophie d'un instinct possessif inflexible aux volontés d'autrui et aux exigences du réel (MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 441)
hyperexcitabilité, subst. fém. « État de ce qui est hyperexcitable [infra A 2] » (Méd. Biol. t. 2 1971). On note alors une hyperexcitabilité avec agitation, tremblements, accélération du rythme cardiaque (QUILLET Méd. 1965, p. 470)
hyperextension, subst. fém. « Extension forcée » (Méd. Biol. t. 2 1971). Ces femmes des music-halls et des maisons de danses, quand elles étendent les bras, on remarque l'hyperextension des bras par faiblesse du muscle (MONTHERL., Pte Inf. Castille, 1929, p. 604)
hyperprotection, subst. fém. « Protection excessive, notamment sollicitude anxieuse de la part des parents (...) pouvant entraîner des troubles psychologiques chez l'individu protégé » (Module de néol., 1975, n° 4 ds Clé Mots). Si l'école maternelle ne peut ni ne doit se substituer à la famille, elle apporte cependant une compensation affective aux enfants les plus démunis ou une libération à ceux qui subissent une hyperprotection de la part de leur mère (La Pédag., 1972, p. 405 ds Clé Mots)
hypersonorité, subst. fém. « Sonorité excessive, au cours d'un examen clinique ». Les seuls symptômes qui restent de l'emphysème sont l'hypersonorité du thorax, l'atténuation du murmure et les râles crépitants (BRION, Jurispr. vétér., 1943, p. 245)
) [Les mots constr. désignent un processus qui se multiplie davantage que celui qui est désigné par le 2e élém. employé seul] :
hypergenèse, subst. fém. « Formation en excès d'éléments anatomiques. Elle peut être normale (par exemple hypergenèse d'éléments musculaires au niveau de la paroi utérine pendant la grossesse) ou pathologique (formation des tumeurs) » (Méd. Biol. t. 2 1971). Les chocs (...) lorsque leur intensité est faible et lorsque leur fréquence est modérée (...) donnent lieu, dans ce cas, à une véritable hypergenèse élastique (J. VERNE, Vie cellul., 1937, p. 123)
hyperimmunisation, subst. fém. « Inoculation répétée d'une préparation antigénique à un animal en vue de la production d'un sérum très riche en anticorps. C'est le cas pour les sérums thérapeutiques obtenus chez le cheval » (Méd. Biol. t. 2 1971). L'emploi de l'anatoxine dans (...) l'hyperimmunisation des chevaux producteurs du sérum antidiphtérique (AVIRAGNET, WEILL-HALLÉ, MARIE ds Nouv. Traité Méd., fasc. 2, 1928, p. 789)
hypermétamorphose, subst. fém. « Forme de métamorphose qui passe par un plus grand nombre de stades qu'il est normal » (SÉGUY 1967). Les faits que nous venons d'exposer ont été désignés sous le nom d'hypermétamorphose (E. PERRIER, Zool., t. 1, 1893, p. 1223)
b) [Le 2e élém. est gén. d'orig. sav. non autonome (sauf cas de transformation tardive sous forme de subst. autonome)]
) [Les mots constr. désignent l'augmentation anormale de sécrétions glandulaires, leurs effets] :
hypercorticisme (de cortic(al)), subst. masc. « Sécrétion excessive d'hormones cortico-surrénaliennes; ensemble des troubles qu'elle provoque » (Méd. Biol. t. 2 1971). L'hypercorticisme est réalisé expérimentalement par l'injection à l'animal de grosses doses d'extraits cortico-surrénaux (QUILLET Méd. 1965, p. 495)
hypercrinie (-crinie, du gr « séparer, sécréter »), subst. fém. « Augmentation d'une sécrétion endocrine et ensemble des troubles qu'elle entraîne » (Méd. Biol. t. 2 1971). La congestion et l'hypercrinie (...) sont des réactions vaso-motrices (LE GENDRE ds Nouv. Traité Méd., fasc. 7, 1924, p. 244)
hyperépinéphrie (d'un radical épinephr- d'orig. gr. ( « sur » et « rein ») équivalent de surrénal, et suff. -ie), subst. fém. Synon. de hypercorticisme (supra). Syndromes (...) qui secondairement ont cessé d'évoluer pour faire place à de l'hyperépinéphrie (JOSUÉ, GODLEWSKI ds Nouv. Traité Méd., fasc. 8, 1925, p. 309)
hyperinsulinisme, subst. masc. « Ensemble de symptômes décrits par S. Harris (...) et liés à une sécrétion exagérée d'insuline » (Méd. Biol. t. 2 1971). On pourrait se demander, à première vue, si l'hyperinsulinisme du début, surmenant le pancréas, n'a pas engendré le diabète (B. et mém. de la Société méd. des Hôpitaux, 1935, p. 11)
hyperparathyroïdie, subst. fém., hyperparathyroïdisme, subst. masc. (de parathyroïde). « Hyperfonctionnement de la glande parathyroïde » (Méd. Biol. t. 2 1971). Anton. hypoparathyroïdie (s.v. hypo- A 1 b ). L'hyperparathyroïdie se manifeste par une maladie osseuse particulière qu'a décrite Von Recklinghausen à Strasbourg vers la fin du siècle dernier (QUILLET Méd. 1965, p. 479)
hyperpituitarisme (de pituitaire), subst. masc., endocrinol. « Accroissement pathologique de l'activité hormonale de l'antéhypophyse [s.v. anté-] » (Méd. Biol. t. 2 1971). Un autre syndrome clinique d'hyperpituitarisme (...) a été décrit par Cushing (BARIÉTY, COURY, Hist. méd., 1963, p. 767)
) [Les mots constr. désignent l'excès d'activité (d'un organe, d'une fonction)] V. hypermnésie, hypersthénie, hypertonie et aussi :
hyperhépatie (de hépatique), subst. fém. « Hyperfonction hépatique » (Méd. Biol. t. 2 1971). Pour d'autres [le fait primitif est] une hyperhépatie primitive (LE GENDRE ds Nouv. Traité Méd., fasc. 7, 1924, p. 427)
hypermimie, subst. fém. « Abus de gestes et de mouvements mimiques » (Méd. Biol. t. 2 1971). Le malade bouscule tout autour de lui à la faveur d'une hyperactivité, inlassable; le faciès mobile avec un registre d'expressivité exagéré, instable, variable (« hypermimie ») (ROELENS, Introd. à la psychopathol., 1969, p. 87 ds Clé Mots)
hyperpepsie (-pepsie, du gr. « cuisson, digestion »), subst. fém. « Exagération du fonctionnement de la muqueuse gastrique » (Lar. encyclop.)
hyperphagie, subst. fém. « Fait de trop manger » (CILF, 1976, n° 1 ds Clé Mots). D'autres, au contraire, viennent d'une sensation de faim permanente qui entraîne une obésité consécutive à une hyperphagie (La Rech., t. 7, 1976, n° 63, p. 45 ds Clé Mots)
hyperpnée (-pnée, du gr. « souffler, respirer »), subst. fém. « Accroissement exagéré de l'amplitude et du rythme des mouvements respiratoires » (Méd. Biol. t. 2 1971). On peut chercher à déclencher une crise en faisant respirer très vite et très profondément le malade : c'est l'épreuve de l'hyperpnée provoquée (QUILLET Méd., 1965, p. 479)
hypersomnie (-somnie, du lat. somnus « sommeil »), subst. fém. « Besoin exagéré de sommeil » (Méd. Biol. t. 2 1971).
hypersplénie, subst. fém., hypersplénisme, subst. masc. (-splénie, -splénisme, du gr. , « rate »). « Augmentation de la fonction physiologique de la rate » (Méd. Biol. t. 2 1971). La tuberculose splénique, en dehors de la granulie aiguë, reste presque toujours latente et ne se manifeste que par un peu d'hypersplénie (CALMETTE, Infection bacill. et tubercul., 1920, p. 192)
hyperthymisation (de thymus), subst. fém. « Ensemble des symptômes toxiques dus à une activité exagérée du thymus (...) [qui] expliquerait certains cas de mort subite des nourrissons » (Méd. Biol. t. 2 1971). Beaucoup d'auteurs admettent pour expliquer la mort (...), la théorie de l'hyperthymisation (BORY ds Nouv. Traité Méd., fasc. 8, 1925, p. 287)
) [Les mots constr. désignent le développement excessif de certaines sécrétions, l'augmentation anormale de la quantité de certains éléments contenus dans le sang ou dans l'urine, de certaines substances nécessaires à l'organisme] V. hyper(h)émie (s.v.-émie, -hémie rem. 2) et aussi :
hyperchlorhydrie (de chlorhydr(ique)), subst. fém. « Excès d'acide chlorhydrique dans le suc gastrique » (GARNIER-DEL. 1972). Synon. hyperacidité. Si les ulcères duodénaux entraînent souvent une hyperchlorhydrie, les ulcères proprement gastriques s'accompagnent d'une sécrétion normale ou même basse d'acide chlorhydrique (QUILLET Méd. 1965, p. 137)
hypercholie (-cholie, du gr. « bile »), subst. fém. « Sécrétion excessive de la bile » (Méd. Biol. t. 2 1971). Dans aucune des phases de l'évolution de cette maladie on ne rencontre d'hypercholie simple ni pigmentaire (SODRÉ ds Nouv. Traité Méd., fasc. 3, 1927, p. 573)
hyperinose (-inose, gr. , « fibre »), subst. fém. « Augmentation du taux du fibrinogène dans le plasma » (Méd. Biol. t. 2 1971). On a noté une augmentation considérable de la fibrine, hyperinose qui peut atteindre le chiffre de 6 à 10 pour 1000 (BARBIER ds Nouv. Traité Méd., fasc. 2, 1928, p. 845)
hypervitaminose (de vitamine + -ose, sur le modèle de avitaminose), subst. fém. « Troubles provoqués par l'administration de quantités excessives de vitamines sous forme de médicaments ou, exceptionnellement, d'aliments » (Méd. Biol. t. 2 1971). Un excès d'une vitamine déterminée peut-il entraîner des troubles sérieux, ou autrement dit y a-t-il des cas d'hypervitaminoses? (S. GALLOT, Les Vitamines ds ROB. Suppl. 1970)
) [Les mots constr. désignent le développement excessif ou anormal de divers éléments, de l'état affectif, d'une faculté, de certaines réactions] V. hyperesthésie, hyperostose, hyperplasie, hyperthermie, hypertrophie et aussi :
hyperacousie (-acousie, du gr. « action d'entendre »), subst. fém. « Exaltation anormale de l'acuité auditive, s'accompagnant d'une sensation pénible, voire douloureuse, qui se traduit en général à l'examen audimétrique par un abaissement du seuil de la douleur » (Méd. Biol. t. 2 1971). Dans le sommeil, une hyperacousie assez fréquente nous fait percevoir comme un tonnerre des bruits légers (Ch. LALO, Esthét. mus. sc., 1908, p. 71)
hyperalgésie (-algésie, du gr. « souffrance »), hyperalgie, subst. fém. « Sensibilité excessive à la douleur » (Méd. Biol. t. 2 1971).
hyperchromie (-chromie, gr. « couleur »), subst. fém. 1. « Toute augmentation localisée ou étendue de la pigmentation normale de la peau » (Méd. Biol. t. 2 1971). 2. « Élévation de l'index colorimétrique du sang au-delà des valeurs normales » (Méd. Biol. t. 2 1971). On a décrit leur hypochromie, ou état chlorotique des globules rouges, et leur hyperchromie (POLICARD, Histol. physiol., 1922, p. 256)
hyperthymie, subst. fém. « Exagération du tonus affectif, avec tendance soit à la gaieté et à l'euphorie, soit à la dépression et à l'anxiété » (Méd. Biol. t. 2 1971). Type d'hyperthymie maniaque ou mélancolique (DELAY, Psychol. méd., 1953, p. 146)
2. [Les mots constr. sont des adj. (avec possibilité d'emploi subst.); ils renvoient gén. à un aspect, une chose, une pers. caractérisés par un excès, une exagération] V. hyperfolliculinique (s.v. hyperfolliculinie), hyperglycémiant (s.v. hyperglycémie), hypersthénique (s.v. hypersthénie), hypertensif et aussi :
hyperalgésique, hyperalgique. adj. « Qui se rapporte à l'hyperalgie » (Méd. Biol. t. 2 1971). Sous l'influence des facteurs mécaniques (...) ou de quelque incident infectieux, d'un refroidissement, se manifeste une poussée douloureuse (...) d'intensité variable, parfois hyperalgique (RAVAULT, VIGNON, Rhumatol., 1956, p. 21)
hyperchromatique. adj. « Qui se colore avec plus d'intensité que normalement » (Méd. Biol. t. 2 1971). La chromatine est rassemblée en un anneau compact hyperchromatique (ROUSSY ds Nouv. Traité Méd., fasc. 5, 2, 1929, p. 319)
hyperchrome, hyperchromique. adj. « Qui est fortement coloré; qui est caractérisé par l'hyperchromie [supra A 1 b ] » (d'apr. Méd. Biol. t. 2 1971). Découverte en 1948, la vitamine B 12 (...) a sur les anémies hyperchromes une action thérapeutique spécifique (BARIÉTY, COURY, Hist. méd., 1963, p. 686)
hyperémié,-ée, hypérémié,-ée, adj. « Qui a subi une hyperémie (s.v. -émie, -hémie rem. 2), une congestion ». La séreuse, ecchymosée dans toute son étendue, est surtout hyperémiée au niveau de la caillette et de l'intestin grêle (NOCARD, LECLAINCHE, Mal. microb. animaux, 1896, p. 333)
hyperergique. adj. « Qui se rapporte à l'hyperergie [supra A 1 a ] » (Méd. Biol. t. 2 1971). La lésion hyperergique de Klinge, que ce dernier auteur à pu reproduire expérimentalement par injection de sérum (RAVAULT, VIGNON, Rhumatol., 1956p. 13)
hypergénétique. adj. « Qui est relatif à l'hypergenèse (supra A 1 a ) ». Les noyaux hyperchromatiques présentent des mitoses hypergénétiques (ROUSSY ds Nouv. Traité Méd., fasc. 5, 2, 1929, p. 355)
hyperkératosique. adj. « Qui est relatif à l'hyperkératose (supra A 1 a ) ». Les dermatoses blennorrhagiques consistent surtout en érythèmes variés, plus rarement en productions hyperkératosiques spéciales (HUDELO ds Nouv. Traité Méd. fasc. 1 1926, p. 568)
hyperparathyroïdien, -ienne, adj. «Qui se rapporte à l'hyperparathyroïdie [supra A 1 b ] » (Méd. Biol. t. 2 1971). Les seuls faits observés au cours de syndromes hyperparathyroïdiens indiscutables concernent (...) une affection osseuse (RAVAULT, VIGNON, Rhumatol., 1956p. 548)
hyperpeptique. adj. « Qui se rapporte à l'hyperpepsie (supra A 1 b ) ». À une phase de gastrite hyperpeptique (douleurs, pyrosis, hémorragies) fait suite tôt ou tard la gastrite muqueuse (pituites, dyspepsie, atonie) (MACAIGNE, Précis hyg., 1911, p. 267)
hyperspasmodique. adj. « Qui s'accompagne de contractures intenses » (GARNIER-DEL. 1972). Inversement, on peut observer des formes hyperspasmodiques où les membres inférieurs sont bloqués en extension avec spasmes musculaires très douloureux (QUILLET Méd. 1965, p. 330)
hypertoxique. adj. « Qui possède un haut degré de toxicité » (Méd. Biol. t. 2 1971). Rien ne permet de savoir (...) si tel malade infecté ne développera pas soudainement une forme gravissime (...), qu'elle soit hypertoxique, hémorragique ou asphyxique (R. SCHWARTZ, Nouv. remèdes et mal. act., 1965, p. 132)
Rem. Les mots constr. ne caractérisent pas toujours un aspect pathol. Hypercalcémiant, -ante. « Qui augmente le taux du calcium dans le sang » (Méd. Biol., t. 2 1971). L'hormone prélève sur le squelette le calcium nécessaire à l'organisme et ceci en fonction de ses besoins; elle a donc une action hypercalcémiante (QUILLET Méd. 1965, p. 478).
[En parlant d'un individu, souvent en tant qu'il appartient à un type partic. au sein d'une classification, en psychol., neurologie; les mots constr. désignent alors ,,un comportement qui est considéré comme pathologique uniquement en raison de sa fréquence ou de son intensité excessive`` (RYCR. 1972)] V. hyperémotif et aussi :
hypercinétique, hyperkinétique. adj. « Qui est atteint d'hypercinésie (supra A 1 a ) ». Les amphétamines se sont cependant avérées efficaces dans le traitement à long terme des enfants hyperkinétiques, c'est-à-dire agités (Sc. et vie, 1974, n° 682, p. 67 ds Clé Mots). ,,On trouve les 2 formes : hypercinétique et hyperkinétique. Préférer : hypercinétique`` (Clé Mots)
hyperexcitable. adj. « Qui réagit d'une façon anormalement intense à une excitation » (Méd. Biol. t. 2 1971). Certaines substances chimiques, comme la strychnine, diminuent la chronaxie, donc rendent les neurones hyperexcitables (CAMEFORT, GAMA, Sc. nat., 1960, p. 226)
hypernerveux, -euse,, hyper-nerveux, -euse, adj. « Qui est trop sensible, excitable, et spéc., atteint de névrose, de psychose ». Remedios lit dans les lignes de mes yeux (...) — Je vous crois suprasensible, m'explique-t-elle, et capable de beaucoup d'affection. Il faut que vous me connaissiez mieux. Moi je suis hypernerveuse (MORAND, Ouv. la nuit, 1922, p. 84). Emploi subst. « Personne trop sensible, excitable, et spéc., pathol., qui est atteinte de névrose, de psychose ». En raison de l'état mental de l'accusé, un hyper-nerveux, un impulsif sans volonté, j'ai demandé l'indulgence du tribunal (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 213)
hyperphagique. adj. « Qui est atteint d'hyperphagie [supra A I b ] (gloutonnerie) » (CILF, 1973, n° 7 ds Clé Mots). Ce rat a été rendu hyperphagique par lésion des noyaux médio-ventraux de l'hypothalamus : en moins d'un mois il a doublé son poids (300 g) et est devenu véritablement obèse (La Rech., 1973, n° 34, p. 445 ds Clé Mots)
Emploi subst. [Désigne un (type d')individu(s)] V. hypertendu et aussi :
hyperchlorhydrique. adj. « Celui qui souffre d'hyperchlorhydrie (supra A 1 b ) ». Le chocolat est un aliment substantiel, mais (...) dont la teneur en oxalate de chaux le fait contre-indiquer aux arthritiques, aux graveleux, aux hyperchlorhydriques (MACAIGNE, Précis hyg., 1911, p. 257)
hypergénital, -ale, -aux , adj. « Variété du biotype bréviligne asthénique de Pende, caractérisé par un développement excessif des caractères sexuels primaires et secondaires, une hypertonie nerveuse considérable » (PIÉRON 1973).
hypersexuel, -elle , adj. « Personne dont la sexualité est excessive, dont les besoins sexuels sont déréglés ». La vieille morale empirique voyait à tort dans l'hypersexuel l'homme dangereux, l'homme de désordre (BERNANOS, Joie, 1929, p. 648)
hyperthymique. adj. « Personne affectée d'hyperthymie (supra A 1 b ) ». Les hyperthymiques sont marqués par une excitabilité et une labilité générales du système neuro-végétatif (MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 171)
B. — Autres domaines. [L'élément formant désigne gén. ce qui dépasse, ce qui extrapole le concept auquel renvoie le 2e élém.; il sert à marquer ,,ce qui est au-delà ou en dehors d'une certaine forme, tout en conservant des caractères importants de celle-ci`` (LAL. 1968)]
1. MATHÉMATIQUES
a) [Les mots constr. sont des subst. renvoyant à des concepts de la géom. à plus de trois dimensions] :
hypercercle, subst. masc. On peut facilement calculer pour chacun des espaces successifs, la formule qui donne la mesure d'un hypercercle dans un espace à un nombre donné de dimensions (Gds cour. pensée math., 1948, p. 448)
hypercube, subst. masc. Les trente-deux arêtes d'un hypercube (...) bâti dans un espace à quatre dimensions (Gds cour. pensée math., 1948p. 133)
hyperespace, subst. masc. « Espace à plus de trois dimensions » (Sc. 1962). Topologie des hyperespaces et calcul des variations (Gds cour. pensée math., 1948, p. 385)
hyperplan, subst. masc. « Un sous-espace vectoriel d'un espace vectoriel E s'appelle hyperplan de E. Par exemple, le noyau d'une forme linéaire non nulle sur E est un hyperplan de E » (CHAMB. 1972). L'idée essentielle de cette ingénieuse doctrine [de Einstein] a été d'admettre que l'espace-temps n'est un continu euclidien assimilable à un hyperplan que dans celles de ses régions se trouvant éloignées de tout corps matériel doué de masse (Gds cour. pensée math., 1948, p. 404)
hypersphère, subst. fém. L'espace euclidien (...), l'espace de Lobatchevski (...) et enfin l'espace sphérique à courbure constante positive, qui est fermé (qui est la paroi d'une hypersphère). Einstein montra en 1917 que seule la troisième solution convenait au problème tel qu'il l'avait posé (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 595)
hypersurface, subst. fém. Toutes les hypersurfaces qui contiennent une variété algébrique donnée dans un espace projectif complexe (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964p. 79)
hypertemps, subst. masc. On parle surtout de nouvelles dimensions constituant, à partir des quatre dimensions de notre espace-temps habituel, des hyperespaces et des hypertemps (AMADOU, Parapsychol., 1954, p. 261)
hypertore, subst. masc. Cet univers (...) aura la connexion de ce qu'on peut appeler un hypertore et localement il sera rigoureusement euclidien (Gds cour. pensée math., 1948, p. 153)
hypervolume, subst. masc. Les intégrales multiples (disons à 100 dimensions) que sont les hypervolumes, fraction de l'hypercube de côté unité (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 89)
b) [Les mots constr. sont des adj.] :
hypercomplexe. adj. Nombre hypercomplexe. « Groupement de nombres organisés de telle sorte que l'on puisse y introduire des opérations menant de deux groupements de ce type à un autre d'une catégorie connue » (UV.-CHAPMAN 1956, s.v. nombre). Le plus célèbre des systèmes de nombres hypercomplexes est celui des quaternions découvert par Hamilton (Gds cour. pensée math., 1948, p. 86)
hypergéométrique, hyper-géométrique, adj. « Qui transcende ce qui est géométrique ». Le problème de l'action psycho-biologique est insoluble si l'on ne fait intervenir la dimension hyper-géométrique (RUYER, Cybern., 1954, p. 118). Équation hypergéométrique. « Équation différentielle ordinaire du second degré dépendant de trois paramètres a, b, c et présentant des singularités à l'origine et au point z = 1 ». Série hypergéométrique. « Solution de cette équation différentielle ». Cauchy s'intéressa aux séries entières, en apportant, comme Gauss pour la série hypergéométrique, une plus grande rigueur (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 53). Fonction hypergéométrique. « Gén., somme de la série hypergéométrique ». Gauss poursuit l'étude de la fonction (...) à l'occasion de ses recherches sur la fonction hypergéométrique (BOURBAKI, Hist. math., 1960, p. 227)
hyperspatial, -ale, -aux, hyper-spatial, -ale, -aux, adj. L'automatisation des machines est une sorte de projection spatiale de ce qui est hyper-spatial (RUYER, Cybern., 1954, p. 84). Même en géométrie métrique, les représentations hyperspatiales peuvent rendre de grands services (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 80)
hypersphérique. adj. En particulier, les modèles fermés (hypersphériques ou elliptiques) peuvent avoir un « rayon » ou mieux une courbure totale variable avec le temps (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964p. 595)
[En parlant de fonctions spéc.] :
hyperabélien, -ienne, adj. Fonction hyperabélienne. Picard a construit des fonctions (fonctions hyperabéliennes, fonctions hyperfuchsiennes) qui conduisent à des surfaces algébriques particulières dont l'étude reste d'ailleurs à faire (Gds cour. pensée math., 1948, p. 278).
hyperelliptique. adj. Fonction hyperelliptique. « Fonction formée par l'intégrale dont la différentielle contient, sous un radical du second degré, un polynôme de degré supérieur au quatrième. Jacobi et Abel ont créé la théorie des fonctions hyperelliptiques » (LITTRÉ). On ne connaît la solution de ce problème que dans des cas simples (surfaces rationnelles, surfaces réglées, surfaces hyperelliptiques) (Gds cour. pensée math., 1948, p. 278). Une étude plus détaillée des familles de courbes uniformisables à l'aide de fonctions bien connues, comme les fonctions hyperelliptiques (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 41)
hyperfuchsien, -ienne. adj. Fonction hyperfuchsienne. V. supra hyperabélien ex.
2. AÉRON., CHIM., MINÉR., PHYS., PHYS. NUCL.
a) [Les mots constr. sont des subst.] V. hyperfocale, hyperfréquence et aussi :
hyperglace, subst. fém. « Élément de blindage transparent » (CILF, 1975, n° 11 ibid.). Hublots parfaitement transparents blindés (...). Cependant, souvent cet appareil comporte des cadrans, écrans que l'opérateur doit pouvoir surveiller ou au contraire dans le cas de caméras blindées électroniquement, il faut que l'objectif puisse recevoir les images au travers du blindage. Mon spécialiste propose pour résoudre ces problèmes des éléments de blindages transparents, les hyperglaces (Éléments, produits, services, sept. 1974, p. 7, ibid.)
hypergol, subst. masc., aéron., phys. nucl. « Combinaison de propergols dont l'allumage s'effectue spontanément » (d'apr. Sc. Techn. spat. 1978)
hypergonar (nom déposé; -gonar, du gr. « angle »), subst. masc., cin. « Objectif spécial, inventé par H. Chrétien, permettant de comprimer l'image à la prise de vue (...). Base optique du cinémascope » (d'apr. GITEAU 1970). L'auteur place, pour cela, devant l'objectif de prise de vue, (...) une combinaison dite hypergonar, composée de lentilles cylindriques (J. phys. et Radium, 1928, p. 752 D)
hypermolécule, subst. fém. « Molécule possédant des propriétés d'association non prévues par les règles de la liaison chimique » (CILF, 1973, n° 10, ibid.). L'existence de tels couples a conduit au concept prometteur d'hypermolécules (Sc. progrès, découverte, 1972, n° 12, p. 9, ibid.)
hypéron, subst. masc., phys. nucl. (sur le modèle de électron). « Particule élémentaire de masse intermédiaire entre celle du nucléon et celle du deuton; elle est extrêmement instable et sa période est donc très courte » (Encyclop. sc. et techn., Paris, Lidis, t. 3, 1974). On a aussi découvert des particules de masses supérieures à celle du proton et pour cette raison désignées sous le nom d'hypérons (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 146)
hyperpression, subst. fém., phys., méd. « Pression excessive ou anormalement élevée ». L'hyperpression dans les voies biliaires qui en résulte [d'un calcul] déclenche immédiatement une crise de colique hépatique (QUILLET Méd. 1965, p. 146)
hypersthène (-sthène, du gr. « force »), subst. masc. « Métasilicate de fer et de magnésium » (DUVAL 1959); « substance dans laquelle la pyramide supérieure des cristaux est terminée par des faces très étroites » (LITTRÉ). On a souvent réuni au pyroxène une espèce qui s'en rapproche (...) : c'est l'hypersthène qui se rencontre en masses lamellaires d'un noir brunâtre ou verdâtre (WURTZ, Dict. chim., t. 2, 1er vol., 1873, p. 1269)
[Les mots constr. désignent un processus qui est, par l'un de ses aspects, supérieur à celui qui est désigné par le 2e élém. employé seul] :
hyperfiltration, subst. fém. « Méthode de filtration très fine où la membrane de diffusion retient les sels et les macromolécules tout en laissant filtrer l'eau » (CILF, 1975, n° 5 ds Clé Mots). On a l'habitude de réserver le terme d'osmose inverse ou d'hyperfiltration au cas où la membrane de diffusion retient les sels et les macromolécules, ne laissant traverser que l'eau (Alim. mod., 1975, n° 36, p. 49, )
hypertrempe, subst. fém., phys., chim. « Refroidissement d'une substance à une allure suffisamment rapide pour qu'elle ne soit le siège d'aucune transformation au cours du processus » (DUVAL 1959). Les techniques d'hypertrempe ont été introduites en 1960 par Pol Duwez au Cal Tech. Elles permettent de solidifier brutalement un matériau fondu en le refroidissant à des vitesses qui peuvent dépasser un million de degrés par seconde (La Rech., t. 8, 1977, n° 77, p. 374 ds Clé Mots)
b) [Les mots constr. sont des adj.] :
hyperbare (-bare, du gr. « lourd »). adj. « Qui est supérieur à la pression atmosphérique ». Il est apparu que la pression hyperbare devait s'accompagner d'une oxygénothérapie (...). En milieu hospitalier, cette « chambre » assure dans le même temps une « réanimation lourde » des grands malades (Le Monde, 18 juill. 1973, p. 12 ibid.)
hyperfin, -ine. adj. « Extrêmement fin ». On utilise en chimie des vases divers (...) munis d'une plaquette formée de grains de verre aggloméré (...) ou d'un tampon de soie hyperfine (C. DUVAL, Verre, 1966, p. 33). Opt. 1. Structure hyperfine (des raies du spectre). « Division en raies très fines de certaines « raies » (...) observée avec un dispositif à très grand pouvoir séparateur » (UV.-CHAPMAN 1956). Comme on sait, les raies spectrales comportent une structure hyperfine, résultant du couplage du spin des électrons avec le spin du noyau (SCHATZMAN, Astrophys., 1963, p. 127). 2. Niveau hyperfin. « Niveau d'émission de la structure hyperfine ». Sous-niveaux d'énergie ou encore niveaux hyperfins (PRAT, Opt., 1962, p. 16)
hypergolique adj., chim. « Se dit des combustibles pour fusées comme le mélange méthanol-eau oxygénée » (DUVAL 1959)
hyperosmotique. adj. « Se dit d'un équilibre osmotique créé lorsque la concentration du milieu intérieur est plus élevée que celle du milieu extérieur » (d'apr. H. CECCALDI, juill. 1977 ds Clé Mots); « qui possède un pouvoir osmotique anormalement élevé; qui résulte d'une osmose très rapide, ou qui la provoque » (Méd. Biol. t. 2 1971). Il [l'équilibre] est dit hyperosmotique quand l'animal a un milieu intérieur plus concentré : il tend à absorber de l'eau et à perdre ses sels (H. CECCALDI, juill. 1977 ds Clé Mots)
hypersonique (sur le modèle de supersonique) adj., aéron. Vitesse hypersonique. « Vitesse qui correspond à un nombre de Mach égal ou supérieur à 5 (soit, à 15° C, environ 6 000 km/h) ». Étude des jets gazeux à haute température et à des vitesses hypersoniques, problème de rentrée des engins spatiaux dans l'atmosphère (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 234)
hypersustentateur, -trice , adj., aéron. « Qui accroît la portance des ailes d'un avion, notamment au décollage et à l'atterrissage ». Trains rentrants et dispositifs hypersustentateurs sont utilisés depuis longtemps à cette fin, et l'avion de transport a été sur ce point une initiatrice avec le Douglas DC-2 (ROUGERON, Aviat., 1951, p. 219)
hypertrempé, -ée. adj. Acier hypertrempé. « Se dit d'un acier ayant subi une trempe avec un refroidissement très rapide » (BOISSIER 1975). Généralisation dans le cas de la trempe secondaire observée au revenu des aciers hypertrempés (J. phys. et Radium, 1931, p. 266 D)
3. PHILOS., LING. et dénominations des sciences, de leurs spécialistes. [Les mots constr. marquent ,,ce qui est au-delà, ou en dehors d'une certaine forme, tout en conservant des caractères importants de celle-ci`` (LAL. 1968)]
a) PHILOS., LING. [Les mots constr. désignent ce qui transcende, extrapole ou ce qui est plus grand que l'élément exprimé par le mot simple]
) [Les mots constr. sont des subst.]
PHILOSOPHIE :
hyperphénomène, subst. fém. « Phénomène par excellence » (Lar. Lang. fr.). Une sorte de réveil pourrait dissiper (...) tout ce que nos sens, notre entendement, notre expérience nous donnent pour milieu, agent, moyens, détermination de nos actions, (...) mais cet hyperphénomène n'a jamais été observé, et je crains bien que toutes les tentatives que l'on pourrait faire pour l'imaginer avec quelque précision ne soient vaines (VALÉRY, Variété V, 1944, p. 235)
hyperpuissance, hyper-puissance, subst. fém. Il est vrai que ce déficit de l'hésitation comporte aussi la possibilité d'un sentiment raffiné d'hyper-puissance et de jouissance qui naît précisément de cette fécondité indécise et toujours retenue en deçà du choix (RICŒUR, Philos. volonté, 1949, p. 131)
hyper-rationalisation, subst. fém. Aux époques d'hyper-rationalisation, comme le fut le XVIIIe siècle, l'image, pour les poètes comme pour les artistes, ne sert plus qu'à traduire a posteriori des abstractions en un langage visuel (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p. 308)
LING. [Avec l',,idée de ce qui dépasse une mesure considérée comme normale`` ou l',,idée d'un rejet au-delà d'une certaine limite`` (MAR. Lex. 1951)] V. hypercorrection, hypermètre et aussi :
hyperurbanisme, subst. masc. « Accommodation au parler de la ville par application abusive d'une règle de correspondance (cf. hypercorrect) » (ibid.). Aulus est romain authentique en regard de Olus provincial, mais Flaurus est une forme refaite par hyperurbanisme en regard de Florus romain (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p. 308))
) [Le mot constr. est un adj.]
PHILOSOPHIE :
hyperorganique, hyper-organique. subst.1. « Supérieur à l'organisme, et d'une autre nature. Se dit en ce sens de l'esprit, considéré comme présentant des caractères irréductibles à ceux du corps » (LAL. 1968). On a trouvé dans les ouvrages de Cabanis, de Bichat, de Lacaze etc... beaucoup d'assertions fausses dans ce qu'elles ont d'absolu et de contraire aux lois de cette activité hyperorganique (MAINE DE BIRAN, Journal, 1817, p. 64). 2. « Supérieur, en étendue, aux organismes les plus élevés que nous pouvons apercevoir intuitivement comme des touts, mais de même nature qu'eux (...). Ce terme est appliqué, en ce sens, à la société et aux fonctions sociales » (LAL. 1968). L'univers pourrait-il se terminer autrement que sur du démesuré? (...) aussitôt adoptée une vue pleinement réaliste (...) de la nature hyper-organique des liens sociaux, la situation présente du monde devient plus claire (TEILHARD DE CH., Phénom. hum., 1955, p. 280)
LING. V. hypercorrect.
b) Dénominations de sc., de concepts sc. ou de spécialistes de ces sc. [Avec, gén., la nuance d'un degré de généralité supérieur à celui compris dans le mot simple]
) [Les mots constr. sont des subst.]
[Dénominations de sc.] :
hyperchimie, subst. fém. L'hyperchimie représente en fait une déformation scientiste de l'alchimie, dont le caractère ésotérique est complètement perdu de vue par les Tiffereau, Jollivet-Castelot et autres chercheurs (CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959, p. 95)
hyperphysique, subst. fém. Impossible de tenter une interprétation scientifique générale de l'univers sans avoir l'air de vouloir l'expliquer jusqu'au bout. Mais regardez-y seulement de plus près; et vous verrez que cette « hyperphysique » n'est pas encore une métaphysique (TEILHARD DE CH., Phénomène hum., 1955, p. 22)
hyperscience, subst. fém. « Science considérée comme générale donc englobant une autre science réduite au rang de partie » (CILF, 1976, n° 2 ds Clé Mots). Saussure a considéré la linguistique comme une hyperscience, mais cela vaut surtout pour l'aspect sémiologique de la linguistique (Rech. internat. « sémiotique », 1974, n° 81, p. 4, ds Clé Mots)
[Le mot constr. désigne une pers., spécialiste d'une sc.] :
hyperchimiste, subst. V. empirique. On oublie souvent que le grand dramaturge suédois Auguste Strindberg fut particulièrement intéressé par les travaux de l'hyperchimiste français et travailla lui-même au laboratoire (CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959, p. 94)
) [Les mots constr. sont des adj.] :
hyperphysique, hyper-physique. adj. « Qui dépasse la physique ». L'espace de comportement ne peut jouer son rôle que si on lui reconnaît une « dimension » hyper-géométrique et hyper-physique (RUYER, Cybern., 1954, p. 106). [En parlant d'une pers.] À 9 heures et demie, M. Gustave Colline, philosophe hyperphysique, et M. Schaunard entameront une discussion de philosophie et de métapolitique comparées (MURGER, Scène vie boh., 1851, p. 69)
hyperscientifique. adj. « Relatif à une hyperscience [supra B 3 b ] » (CILF, 1976, n° 2 ds Clé Mots). Les philosophes (...) ont une tendance encore plus marquée à accentuer le caractère hyperscientifique de la sémiologie (Rech. internat. « sémiotique », 1974, n° 81, p. 7, )
4. ÉCON., ETHNOL.
a) ANTHROPOL. [Les mots constr. évoquent un élément du corps remarquable par ses grandes dimensions]
[Le mot constr. est un subst.] :
hyperdolichocéphalie, subst. fém. « État de l'individu hyperdolichocéphale (infra) ». Les hommes de Grimaldi présentent des caractères nettement négroïdes : (...) hyperdolichocéphalie, grande largeur du nez, prognathisme (Hist. sc., 1957, p. 1425)
[Les mots constr. sont des adj.] :
hyperdolichocéphale. adj. « Qui a la tête très longue et étroite » (Méd. Biol. t. 2 1971). Ils sont tous décrits comme ayant la face ovale, (...) la peau blanche claire, non pas jaunâtre mais brunâtre ou basanée comme celle des Européens du Sud; (...) en général ils sont dolichocéphales, parfois même hyperdolichocéphales (HADDON, Races hum., 1930, p.202)
hyperplatyrhinien, -ienne. adj. « Qui a le nez très large » (Méd. Biol. t. 2 1971, s.v. hyperchamœrhinien). Les Nuba (...) quelques-uns sont dolichocéphales, avec une face large, platyrhiniens (...) ou même hyperplatyrhiniens (HADDON, Races hum., 1930p. 75)
b) SOCIOL. [Les mots constr. sont des subst.] :
hypergamie (-gamie, du gr. « mariage »), subst. fém. « Préférence accordée, dans certains groupes, aux mariages avec des individus de statut social plus élevé » (WILLEMS 1970). Un problème se pose quand on considère des sociétés où le système de parenté ne régit pas des alliances matrimoniales entre égaux (...). Nous sommes amenés à examiner diverses institutions, d'abord la polygamie (...), ensuite l'hypergamie (ou l'hypogamie) (LÉVI-STRAUSS, Anthropol. struct., 1958, p. 345 ds Clé Mots)
hyperorganisme, subst. masc. « Nom donné par certains sociologues aux sociétés ou aux « corps sociaux », pour marquer à la fois leurs analogies et leurs différences avec les organismes biologiques » (Lar. encyclop.). Pour Guillaume de Greef, la société est un « hyper-organisme » dans lequel apparaissent des fonctions très élevées et très compliquées (Hist. sc., 1957, p. 1572)
c) ÉCON. et COMM. [Les mots constr. évoquent qqc. de remarquable par son importance, sa grande taille] :
hyper-inflation, subst. fém. « Inflation atteignant un degré catastrophique (...). Exemple spectaculaire : Allemagne en 1923 » (COMBE-CUSSET 1974)
hypermarché, subst. masc. « Point de vente non spécialisé, de grande superficie (plus de 2500 m2), largement organisé en libre-service très développé, qui dispose de vastes assortiments, pratique une politique de bas prix et offre de vastes aires de stationnement » (d'apr. BERN.-COLLI Extr. 1976). Au cours de l'année 1972, les nombres de succursales et de supérettes ont diminué respectivement de 421 et de 23 unités, tandis que 33 super et hypermarchés étaient ouverts (Entr., févr. 1973 ds Clé Mots)
5. LITURG., MUS. ANC. et PLAIN-CHANT; PEINT. [Les mots constr. évoquent (de par leur orig.), dans une échelle donnée, un élément supérieur à un autre, un phénomène particulièrement marqué]
a) LITURG. V. hyperdulie.
b) MUS. ANC. et PLAIN-CHANT. [Les mots constr. sont des adj. masc.] :
hyperdorien, hyper-dorien. adj. Mode hyperdorien. « Mode, qui était d'une quarte au-dessus du dorien » (LITTRÉ). Voir F. CLÉMENT, Hist. gén. mus. relig., 1860, p. 16
hyperéolien. adj. Mode hyperéolien. « Mode qui était d'une quarte au-dessus de l'éolien » (LITTRÉ). La musique d'orgue [employait] le lydien et l'hyperlydien (...) l'hyperiastien et l'hyperéolien (REINACH, Mus. gr., 1926, p. 38)
hyperiastien. adj.Synon. de hypérionien (infra). Tons (...) lydien et hyperiastien pour les voix de ténor (REINACH, Mus. gr., 1926p. 58)
hyperionien. adj. Mode hyperionien. « Mode qui était d'une quarte au-dessus de l'ionien » (LITTRÉ). Voir LAVIGNAC, Mus. et musiciens, 1895, p. 446
hyperlydien. adj. Mode hyperlydien. « Mode qui était d'une quarte au-dessus du lydien » (LITTRÉ). Cf. hyperdorien (supra)
hypermixolydien. adj. Mode hypermixolydien. « Le plus aigu des modes de la musique grecque » (LITTRÉ). Cf. hyperdorien (supra)
hyperphrygien. adj. Mode hyperphrygien. « Mode qui était d'une quarte au-dessus du phrygien » (LITTRÉ). Cf. hyperdorien (supra)
c) PEINT. [Les mots constr. sont des subst.] :
hyperréalisme, subst. masc. « Dénomination d'une certaine peinture internationale, d'origine américaine, qui représente le monde extérieur avec un réalisme tout photographique (...). Il n'empêche, comme l'indique le préfixe hyper-, qui signifie « au-dessus », « au-delà », que l'hyperréalisme soit plus qu'une représentation simplement exacte de la réalité » (GIRAUD-PAMART Nouv. 1974). À première vue, les hyperréalismes découlent du pop'art, qui nous renvoyait les images de la « nature urbaine », mais souvent d'un point de vue critique. Ici c'est une réalité quasi photographique qui nous est offerte (Le Monde, 1972 ds GIRAUD-PAMART Nouv. 1974)
hyperréaliste, subst. « Artiste (peintre ou sculpteur) qui ne vise qu'à une reproduction aussi fidèle que possible de la réalité » (Par-delà, 1974, n° 120, p. 16 ds Clé Mots). Les hyperréalistes américains n'hésitent pas à partir d'un véritable agrandissement photographique sur toile qu'ils repeignent laborieusement, lentement (Par-delà, 1974, n° 120, p. 16 ds Clé Mots)
6. Formations d'aut., créations libres
[Les mots constr. évoquent le degré le plus haut ou le caractère exagéré, extrême, outré de la not. désignée par le 2e élém. (parfois avec une nuance péj.)]
a) [Les mots constr. sont des subst.] :
hyperdélicatesse, subst. fém. Toi, tu as habituellement fui ce qui te plaisait (...) par une pudeur mal entendue et une fierté maladive. — Cette hyperdélicatesse n'est pas virile (AMIEL, Journal, 1866, p. 92)
hyper-grand luxe, subst. masc. Les six mois que je venais de passer au Copacabana, ce palace d'hyper-grand luxe où j'avais été obligé de descendre pour réussir avec l'Office de la Propagande les affaires de publicité (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 46).
hyper-lucidité, subst. fém. L'absence d'Annie au rendez-vous du Dupont-Latin, la lumière éteinte dans sa chambre, avaient éveillé son hyper-lucidité d'amoureux (VAILLAND, Drôle de jeu, 1945, p. 257)
hyperminutie, subst. fém. Les méthodes de travail de la banque sont extrêmement lourdes (...). Mais ces traditions d'hyperminutie ont leur côté positif (Univers écon. et soc., 1960, p. 40-5)
[Les mots constr. désignent des pers.] :
hypernationaliste, subst. « Personne dont les sentiments nationalistes sont très virulents ». Il est incorruptible, et c'est exceptionnel dans notre malheureuse époque. Il attaque les hypernationalistes, mais il se tient à distance respectueuse des bolcheviks (DUHAMEL, Suzanne, 1941, p. 31)
hyperraffiné, subst. masc. Là encore, n'allons pas confondre ce mouvement d'êtres sincèrement et simplement aimants avec celui de nos hyperraffinés, qui ne recherchent l'indistinct que par soif d'une jouissance sensuelle (BENDA, Fr. byz., 1945, p. 200)
hypervoisine, subst. fém. Ne manquez point, Thérèse, de tirer de la marmite un bon bol de bouillon, que vous porterez à madame Coccoz, notre hypervoisine (A. FRANCE, Bonnard, 1881, p. 275)
b) [Les mots constr. sont des adj. (avec possibilité d'emploi subst.)] V. hypercritique et aussi :
hypercapitaliste. adj. Nous sommes dans une phase toute particulière de la période capitaliste; dans ce que j'appellerai la phase hypercapitaliste (JAURÈS, Armée nouv., 1911, p. 425)
hyper-cultivé, -ée. adj. Feuilletant la préface de Charles Eliot Norton pour les lettres que Ruskin lui adressa, (...) je me disais qu'aux yeux d'un Américain hyper-cultivé du XIXe siècle (...) il était inévitable que Ruskin apparût (...) comme l'image même de la faiblesse (DU BOS, Journal, 1923, p. 324)
hyperdiabolique. adj. « Diabolique au suprême degré » (GUÉRIN 1892)
hyper-romantique. adj. On ne voit pas en raison de quelle loi chaotique hyper-romantique et baroque, toute substance intellectuelle serait refusée à l'élan lyrique, ou épique (L. DAUDET, Maurras, 1928, p. 30).
hypersublime, hyper-sublime. adj. « Sublime au plus haut degré ». Visées hyper-sublimes (VILLIERS DE L'I.-A., Corresp., 1886, p. 140). Emploi subst. masc. neutre. « Il faut être raisonnable ». Ceci est le comble du sublime. Mais dans l'ivresse il y a de l'hyper-sublime (BAUDEL., Paradis artif., 1860, p. 329)
Emploi subst. masc. :
hyper-ras. adj. À la caserne, le peloton d'élèves officiers (...) ne se levait qu'au commandement de « Tout le monde en bas! » On appelait ça s'habiller ras en jargon de polytechnicien. Pierre devait sa popularité à ce que, sorti de son lit le dernier, il était en bas le premier. C'était le fin du fin, l'hyper-ras (MORAND, Homme pressé, 1941, p. 58)
REM. 1. Hyper en emploi subst. masc. V. contraire ex. 9 2. Hyper-hyper, loc. préf. formée par le redoublement de l'élém. « Préfixe superlatif » (CILF, 1973, n° 6 ds Clé Mots); « composé occasionnel » (Clé Mots). Elle [cette étoile] aboutit à un état hyper-hyper dense, toute la masse [étant] contenue dans une sphère de moins d'un kilomètre de diamètre alors que l'étoile neutronique (...) doit faire quelques dix kilomètres de rayon (Sc. et vie, 1973, n° 666, p. 71 ds Clé Mots).
Hist. et vitalité. L'élém. formant hyper- entre dans le système morphol. du fr. avec des empr. au gr. (hyperbole, hyperboréal (s.v. hyperborée), hyperborée, hyperboréen), où il a le sens spatial ou quasi-spatial de « au-dessus », « au-delà », qu'on retrouve dans des créations récentes (hyperbare (supra), hypergamique (supra hypergamie), hyperonyme, hypersonique (supra)). Avec la valeur d'augmentatif, d'intensif, également attestée en gr., il entre dans le système morphol. du fr. au XVIe s. Il sert à former de nombreux termes du vocab. méd. et aussi du vocab. de la rhét. L'oppos. entre hyper- et hypo- n'est nettement marquée que dans le dernier tiers du XIXe s. Au XIXe s., le 2e élém. du mot est parfois empr. au vocab. de la lang. cour. (hyperdramatique, hypersonore, hypersonorité (supra)). La valeur intensive de hyper- s'affirme (hypernerveux (supra), hyperphysique (supra), hypersensible, hypersublime (supra); hyperémotivité, hypersensibilisation, hypersensibilité). L. Guilbert et J. Dubois (Formation du système préf. intensif en fr. mod. et contemp. ds Fr. mod., avr. 1961, p. 103) relèvent ,,le passage de la composition hyper + racine grecque, à la composition hyper + base française; et l'évolution de hyper + élément nominal à hyper + adjectif``; il sert à former de nombreux composés dans le vocab. de la méd. et de la biol., de la psychol., des math. et de techn. diverses. Sa vulgarisation a contribué à en faire un élém. très vivant aujourd'hui (cf. supra hypercomplexe, hyperinsulinisme, hypermarché, hypersonique), sans parler des créations libres, où il est parfois supplanté par extra-, super- ou supra-. Sur- a d'autre part une valeur très proche de celle de hyper- dans de nombreux cas.
Prononc. : []. Bbg. COTTEZ 1980, pp. 191-192. - DUB. Dér. 1962, p. 100. - GALL. 1955, p. 285, 551. - GOOSSE 1975, p. 34. - GUILBERT (L.), DUBOIS (J.). Formation du syst. préf. intensif en fr. mod. et contemp. Fr. mod. 1961, t. 29, pp. 87-111. - MARION (J.). Une Mode nouv. en ling. : le « super-lang. ». R. Philol. fr. 1929, t. 41, p. 170. - QUEM. DDL t. 6, 8, 9, 10, 13, 15, 18 (comp.). - RUNKEWITZ (W.). Zur Wortbildung in der französischen Pressesprache der Gegenwart. Beitr. rom. Philol. 1967, t. 6, pp. 358-366. - (S.S.). The Meaning of prefixes of the intensive Group. (archi-, extra-, hyper-...). In : Koordinacionnoe sravnitel' nomu i romanskih jazykov. Leningrad, 1964.

hyper-
Préfixe tiré du grec huper « au-dessus, au delà », qui entre dans la composition de nombreux mots scientifiques (en physiologie, psychologie, médecine, etc.), pour exprimer en général l'exagération, l'excès, le plus haut degré ( Super-, sur-, ultra-).
REM. Outre les mots traités ci-dessous, hyper- entre dans de très nombreuses formations libres, avec des adjectifs et des noms, ainsi que dans des formations scientifiques moins courantes ou archaïques.
a Avec des adj. et des adj. substantivés :
1 (…) une méchanceté hyperdiabolique (…) pénétra chaque fibre de mon être.
Baudelaire, Trad. E. Poe, Nouvelles histoires extraordinaires, « Le chat noir ».
2 Ceci est le comble du sublime. Mais dans l'ivresse il y a de l'hyper-sublime, comme vous allez voir.
Baudelaire, Du vin et du haschisch, II.
2.1 (Ils) faisaient un ultime cortège à l'un des meilleurs d'entre eux, à l'un de leurs modèles les plus achevés, les plus conscients, à un hyper-civilisé (…)
M. Druon, Rendez-vous aux enfers, III, XVI, p. 278.
2.2 (…) l'américanisme, cette forme parachevée de la civilisation hypercapitaliste.
Ph. Lamour, in Plans, no 9, nov. 1931, p. 7, in D. D. L., II, 15.
2.3 Le Rosso décore de fresques et de stucs la galerie François-Ier, peint pour le connétable de Montmorency la belle Pietà aujourd'hui au Louvre, crée à travers le style bellifontain une variante singulière, hyper-raffinée, hyper-culturelle du maniérisme international, variante dont l'influence sera considérable dans toute l'Europe du XVIe siècle.
A. Fermigier, in le Nouvel Obs., no 409, 11-17 sept. 1972, p. 12.
Outre ceux qui sont traités ci-après, on peut signaler de nombreux termes didactiques, notamment de médecine, de biologie, de physique. || Ex. : espace hyperdense (Science et Vie, mars 1976, p. 18), hyper-organique (Maine de Biran, in D. D. L.); hypermassif (in Année sc. et industr. 1897, p. 275), etc.
b Avec des noms, surtout dans les vocabulaires scientifiques et techniques, mais aussi dans la langue courante, avec une valeur proche, mais une fréquence beaucoup moins grande, que super-.
2.4 Durant les six mois que je venais de passer au Copacabana, ce palace d'hyper-grand luxe (…)
B. Cendrars, Bourlinguer, IV, p. 46.
2.5 L'acier inoxydable ne se façonne aisément à froid qu'après avoir subi une « hypertrempe » à 1 100° : la structure du métal lui assure alors le maximum de malléabilité.
Gaston Cohen, le Cuivre et le Nickel, p. 80.
c Employé seul.
Comme adjectif (invar.), pour indiquer l'excès, le degré très élevé. || « Pendant l'euphorie conquérante des années 60, les tours n'étaient jamais assez hautes, les villes assez nouvelles, les centres commerciaux assez “hyper” » (l'Express, 28 août 1978, p. 39).
Comme nom masculin :
3 Tous les degrés entre (…) l'hypo et l'hyper, entre n'importe quel sentiment et son contraire, comme, en physiologie, entre le trop et le pas-assez.
Gide, Journal, févr. 1932.
REM. L'opposition hyper-/hypo- est assez régulière, mais non systématique (selon le sémantisme).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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